Lucía Salas est une critique de cinéma, programmatrice, éditrice et cinéaste argentine. Son travail explore le cinéma du passé et du présent. Elle est l’une des éditrices de la revue La vida útil. Elle a étudié le Design d’image et de son à l’UBA, puis Aesthetics and Politics au California Institute of the Arts, et elle prépare actuellement un doctorat en Communication-CINEMA à l’Université Pompeu Fabra. Au sein du collectif LaSiberia Cine, elle a co-réalisé les films Implantación (2016), Los exploradores (2016) et Implantación (2011). Elle a édité les livres Une lumière révélée. Le cinéma expérimental argentin du cinéaste expérimental et écrivain Pablo Marín (La vida útil, 2022) et D’autres temps approchent. Le cinéma de Peter Nestler (Caniche Editorial/Punto de Vista, 2023), en collaboration avec Ricardo Matos Cabo.
Violeta Kovacsics est professeure de Courants esthétiques à l’Université Rovira i Virgili, et elle a été professeure des matières Cinéma et littérature à l’Université Pompeu Fabra et Histoire du cinéma à l’ESCAC. Elle est l’autrice des livres Jacques Rivette (Cátedra) et 50 maneras de morir: cine negro y poética de la fatalidad (Editorial UOC). Elle est critique de cinéma dans des publications telles que Caimán Cuadernos de Cine, le Diari de Tarragona et le site web OtrosCines. Elle fait partie du comité de programmation du D’A – Festival de cinéma de Barcelone. Elle a été responsable des publications du festival de cinéma de Sitges et membre de son comité de sélection ; elle a également été présidente de l’Association de la critique et de l’écriture cinématographique de Catalogne, ainsi que déléguée de la Fipresci.
Antonio Martín Medina (Las Palmas de Gran Canaria, 1973) réside depuis son plus jeune âge à Arrecife (Lanzarote). Licencié en philologie hispanique, il prépare actuellement une thèse de doctorat sur les relations entre l’autofiction et la théorie du lyrisme. En tant que poète, il a récemment publié De la incomodidad. Il a collaboré à la section Cinéma et pensée du Festival de Cinéma de Las Palmas, à propos de Escribir lugar, essai filmique de José Manuel Mouriño sur José Ángel Valente, ainsi que Informe sobre Jean Bricard des Straub-Huillet.
Lorsque l’on examine le terme « jury » à travers son évolution étymologique, plusieurs questions apparaissent, toutes d’un intérêt spectaculaire. On apprend, par exemple, que le terme en castillan provient du latin iurata, qui signifie un serment ou une enquête et qui, à son tour, en latin, donnait lieu à deux concepts d’une importance extrême : jurer et loi.
L’idée de jury est donc enracinée dans certains des fondements les plus solides sur lesquels reposent les principes de nombreuses sociétés dans le monde. Et ce n’est pas une question mineure ni insignifiante. Le mot jury, et donc, de manière très significative, l’acte même de juger, est lié à la loi, à l’enquête et au serment. Il s’agit d’aspects fondamentaux du sens d’une communauté et de son fonctionnement juste — un mot qui, lui aussi, possède des liens étymologiques avec jury.
Partant de la reconnaissance de cette dimension radicale que comporte le fait de juger quelque chose (ou quelqu’un) et de l’énorme responsabilité que cela implique, la Muestra de Cine de Lanzarote a mis en place en 2018 une procédure fondée sur la transparence, le débat, l’écoute et la participation. L’objectif était d’éliminer, ou du moins de réduire au minimum, tout soupçon de partialité pouvant survenir dans le processus délibératif, afin de mettre en avant les aspects les plus beaux, démocratiques et réflexifs qu’un tel processus peut offrir. Le jury de la Muestra de Cine de Lanzarote débat, pour cette raison même, devant le public et dans la même salle où sont projetés les films de la Section Officielle. Tout cela à partir d’une procédure soigneusement élaborée, qui permet d’écouter attentivement les réflexions de chacune des personnes qui composent le jury — des personnes qui, en acceptant de participer à une démarche aussi inhabituelle, rendent explicite leur engagement incontestable envers le savoir, l’écoute et l’enquête.
En parlant, en pensant, en doutant et en décidant devant un public qui, de plus, a la possibilité d’apporter ses propres points de vue à un moment précis de la délibération, on parvient, dans une certaine mesure, à faire de cette expérience — qui doit aspirer à être juste envers les films examinés — un processus d’enquête commune et un serment : celui que l’on fait devant les images d’une société en laquelle on croit et pour laquelle il vaut la peine de travailler chaque jour.
La Muestra de Cine de Lanzarote es un proyecto organizado por la Asociación Tenique Cultural, una organización sin ánimo de lucro cuyos principales objetivos consisten en promover, exhibir y debatir acerca del cine independiente.
La concesión de un premio es siempre una decisión importante. Todo premio conlleva el reconocimiento explícito a una propuesta, trabajo o aportación, sea esta de carácter cultural, científica, deportiva o de cualquier otra índole. Al mismo tiempo, la concesión de un premio suele implicar, se quiera o no, la instauración de una cierta jerarquía, según la cual, bajo el punto de vista de un grupo de personas -el jurado-, una aportación concreta es mejor, más valiosa o más interesante que las otras que también se presentan. El premio, además, suele conllevar al menos dos añadidos: una cuantía económica -en ocasiones- y el prestigio que otorga su obtención -siempre-.
Por todo ello, y porque en demasiadas ocasiones se escuchan críticas o dudas acerca de las deliberaciones que los jurados han llevado a cabo a puerta cerrada, la Muestra de Cine de Lanzarote decidió, hace cinco años, cambiar el procedimiento por el que se otorga el premio de la Sección Oficial. A partir del 2018 se creó una metodología específica para que el jurado delibere en la sala de cine, en abierto y frente al público y, de este modo, cualquiera que lo desee pueda asistir y escuchar sus reflexiones. Sólo las personas que tienen un vínculo directo con la producción de las películas en concurso deben permanecer al margen de esta deliberación.
A lo largo de estos primeros cinco años se han producido debates realmente fascinantes, exponiéndose sólidos y meditados argumentos. En cada edición el jurado se ha enfrentado a situaciones diferentes. En algunas ocasiones, los criterios han propiciado consensos rápidos, en otros la decisión no ha sido en absoluto sencilla. No obstante, en todos y cada uno de estos jurados en abierto, la experiencia ha sido extraordinaria, tanto para quienes formaban el jurado como para quienes escuchaban sus planteamientos. Cada deliberación pública ha sido un momento de respeto inmenso por lo que significa pensar el cine, argumentar y defender ideas y, en último término, por lo que implica y supone conceder un premio.